Nos interventions et propositions au Conseil Municipal du 30 Avril

Deux sujets essentiellement dans ce conseil municipal : les mesures COVID-19 prises par la municipalité et la reprise des activités notamment dans les écoles.


La reprise dans les écoles :

Sujet éminemment complexe. Comment trouver le compromis entre la volonté de remettre les enfants dans un rythme de vie plus propice aux apprentissages en respectant à la lettre les préconisations d’un protocole publié le jour même du Conseil.

Marie-Lyse Bistué, Conseillère départementale, membre du Conseil Départemental de l’Education Nationale et Aurélie Giraudon, enseignante, mère de deux jeunes enfants avaient travaillé dès le matin alors que la Mairie n’en a pris connaissance qu’à 14 h et le maire ne l’avait pas encore lu.

Elles ont entre autres proposé que soit convoquée d’urgence la commission des écoles pour travailler et valider la mise en place du protocole, assurer le suivi et préparer d’ores et déjà la rentrée de septembre.

Ce protocole qui préconise des effectifs réduits et en conséquence des locaux plus nombreux et un encadrement plus fourni, au moment où les personnels et les installations fonctionnent en mode plus ou moins dégradé.
Cette proposition a été acceptée.

Les mesures prises et la question des masques :

Les échanges ont porté surtout sur les masques, c’est normal à 10 jours de la sortie du confinement. Ils ont fait ressortir que la plus grande partie de la commande du maire faite en Chine n’était pas encore livrée. C’est une réalité.


D’autres commandes coordonnées, portant sur des millions de masques, ont parfois rencontré des difficultés mais ont fait l’objet de livraisons beaucoup plus rapides que celles plus éparses pour une centaine de milliers. Cela a été dit sans aucune ironie. C’est un fait.


L’intervention très fondée de Patrick Maillet sur les 2000 masques seulement disponibles à ce jour méritait plus de considération que la réaction lapidaire et non contenue du Maire.

Nos propositions :

Les élu.e.s de notre groupe ont fait des propositions relatives au contexte social qui aggrave les conditions de vie des populations en difficultés et qui entraîne des difficultés nouvelles dans d’autres foyers.

  • Donner les moyens au Centre Communal d’Actions Sociales en fléchant une partie des dépenses prévues pour les animations d’été qui cette année seront annulées.
  • Renforcer en moyens humains les effectifs du CCAS en sollicitant ses partenaires habituels – l’antenne locale du Département, les associations caritatives, des bénévoles – pour inverser sa démarche et aller au devant des familles en difficultés, aux personnes fragiles, âgées et isolés. Les repérer pour réparer.
  • Fournir des Bons d’achats solvables dans les commerces locaux à destination des familles fragiles ou fragilisées par les mesures du Covid-19 afin d’éviter l’allongement des files d’attentes devant les locaux des associations caritatives elles mêmes impactées par la crise sanitaire (approvisionnements alimentaires aléatoires…)
  • Faire en sorte que les aides à la cantine allègent aussi le coût des repas consommés à la maison quand l’école ou cantine sont fermées.
  • Repérer les élèves de nos écoles en risque de rupture scolaire en raison, entre autres de la fracture numérique, pour mettre à leur disposition des outils pour qu’ils suivent les cours à distance.

Enfin, nous avons proposé de nous mettre à la disposition de la Mairie, des Oloronaises et des Oloronais, comme l’ont fait Marie-Lyse Bistué et Raymond Villalba dès le début du confinement.


Nos interventions

Retrouvez ci-dessous les interventions complètes de nos élu.e.s lors de ce Conseil Municipal :

Propos introductifs de Bernard Uthurry :

Remerciements :

Je vous remercie d’avoir répondu à notre demande et d’avoir, enfin, réuni le Conseil Municipal, ce qui aurait pu être fait depuis longtemps, comme ailleurs, sans attendre l’intervention du Premier Ministre avant hier.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui permettent, dans cet épisode inédit, la continuité de l’action publique. Je veux remercier les soignants bien sûr : les aides soignant-e-s, les infirmières, les agents d’entretien, les médecins et tous les professionnels de santé, les personnels des EHPAD et les aides à domicile.
Je veux remercier aussi tous « les premiers de corvée » qui sont à la tâche, dans le privé comme dans l’administration. Les caissières, les livreurs, les professionnels qui ont mis leurs ateliers en sommeil sauf pour les soignants, tant d’autres.
Merci à celles et ceux « que nos économies rémunèrent si mal » … et rappelons-nous que « la distinction sociale ne peut être fondée que sur l’utilité publique. »
Merci à nos agents municipaux et intercommunaux. Ceux qui chaque jour sont à la tâche, dans les écoles pour accueillir les enfants des soignant-e-s, dans les ateliers ou sur la voirie, à l’état civil, au ramassage des ordures, dans les services des eaux et de l’assainissement, dans les postes de direction aussi sur lesquels pèse une si grande responsabilité, partout où il est indispensable de poursuivre les missions de service public. Merci à celles et à ceux qui assurent cette permanence en télé travail, ce qui n’est pas facile…


Actualité et perspectives du déconfinement :

Cette pandémie nous donne une leçon d’humilité.
La relance du Coronavirus est annoncée par la quasi-totalité des experts médicaux à la suite de l’assouplissement du confinement si notre vigilance diminue.
La sinistre comptabilité des malades et des morts reprendrait aussi.
Près de 25 000 à ce jour, plus de deux fois la population Oloronaise. Sans compter les décès à domicile et les effets rétro actifs à prévoir.
Nos pensées vont bien sûr vers les victimes et leurs proches, vers les malades en convalescence dont les témoignages sont effroyables.

« Les conséquences psychologiques et la perspective d’un écroulement économique,
provoqués par la longue claustration de milliards de personnes nous obligent à regarder
l’avenir différemment. »

Relocaliser la fabrication de nos produits alimentaires, de nos besoins en matière de protection sanitaire.
Relocaliser la fabrication des principes actifs des médicaments confiée en grande majorité en Asie et notamment en Chine alors que les talents se trouvent souvent dans les Start-up et les laboratoires français.
Qu’un bassin industriel à dominante chimique proche d’ici pourrait y participer et qu’une entreprise d’un département voisin est en capacité de biosourcer ce type de produit…
Idem pour les éléments informatiques massivement fabriqués dans ces mêmes pays et qui soutiennent la numérisation et la digitalisation de nos économies et de nos existences. Cette visioconférence en est la démonstration.
Infléchir la métropolisation et les concentrations urbaines démesurées, préserver de l’espace et de la biodiversité pour éviter ce type de Zoonoses issues souvent des déforestations massives.

« La crise a cette vertu de réveiller des évidences. Et les consciences. »

Balayées les certitudes et les croyances en la seule puissance du progrès technologique, de la financiarisation à tout crin de l’économie, du chacun pour soi, du mépris du risque sanitaire, de la surexploitation de nos sous sols ou de nos forêts, de la surconsommation….
Cette crise sanitaire aura des conséquences sociales et économiques redoutables sur les marchés, donc sur les entreprises, donc sur l’emploi.
Notre horizon et les priorités d’hier sont bouleversés. L’augmentation sans précédent du chômage à la fin du mois de mars, après 14 jours de confinement, en atteste.
Qu’en sera-t-il en cette fin de mois d’avril ?
Sur le plan sanitaire il est probable que médicaments et vaccins ne seront pas trouvés avant plusieurs mois et sur le plan social et économique, la récession annoncée.
A tous les niveaux du territoire, à Oloron et ailleurs, l’action publique devra en tenir compte.

Le rôle des élu.e.s


« La première responsabilité des élu-e-s c’est de protéger la population. Protéger et prévoir les modalités de protection et l’approvisionnement des équipements de protection pour plusieurs mois. Ne plus se laisser surprendre. »

Nos concitoyens revendiquent le droit à l’information, à la protection, à la définition de perspectives, surtout quand les vents sont contraires.

Les pays européens avancent en ordre dispersé vers la sortie du confinement, qu’il s’agisse de l’ouverture ou pas de leurs écoles (nos voisins italiens et espagnols ne l’envisagent pas avant septembre), de leurs commerces et entreprises.
La nécessité de reprendre le cours d’une vie normale pour que nos écoliers retrouvent un rythme plus propice aux apprentissages, pour que les activités économiques redémarrent un peu et permettent d’éviter l’écroulement ne peut se faire qu’en respectant des protocoles sanitaires très précisément élaborés et validés. Des protocoles pour plusieurs mois sans doute ; il va nous falloir vivre quelques temps avec ce virus.

C’est donc avec attention que nous attendons que vous rendiez compte au Conseil Municipal et à la population de la manière dont la municipalité s’est organisée pour garantir ces conditions de reprise, en lien avec les compétences locales.

Chaque jour, la presse locale nous informe des actions menées en direction de la population à Pau, à Orthez, à Salies de Béarn, à Mourenx, à Gan, à Sauvagnon, à Barzun, à Monein, à Jurançon, à Tardets, à Hendaye, à Mauléon, à Arudy, Nay, Asson….
Partout…

Pas grand-chose à Oloron, sauf demain sans doute du fait de la conférence de presse à laquelle vous avez préféré donner la primeur de la communication.
L’article récent à propos du report possible de la Foire du 1er mai au mois de septembre illustre par contre que l’état d’urgence n’a pas réduit les dissensions dans votre majorité.
C’est regrettable. Il est grand temps que les querelles d’égo et les luttes de pouvoir s’effacent derrière l’urgence de la situation et l’obligation d’efficacité.

Nos commerçants et nos artisans souffrent des conséquences du confinement. Nos associations aussi qui vont au devant de problèmes majeurs. Les chiffres d’affaire sont en berne et les budgets chahutés. L’affichage en de telles circonstances des querelles politiciennes relève de l’inconséquence.
« Quand les blés sont sous la grêle, fou celui qui fait le délicat, fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat » jamais Aragon n’aura eu autant raison.

Dans son allocution récente, le premier Ministre a confié au couple Préfet-Maire la gestion sur les territoires de la sortie du confinement, notamment pour ce qui relève de la réouverture des écoles. C’est une responsabilité majeure.
C’est une reconnaissance de l’échelon local et de l’expérience des élus de terrain.

« Sachez en tous les cas que vous pourrez compter sur notre engagement pour
accompagner par l’action vos réflexions et vos initiatives. »


Chacun d’entre nous est déjà engagé ; une belle initiative collective, imaginée par l’une d’entre nous, a rendu un fameux service aux soignants et personnels des EHPAD en les dotant de centaines de sur- blouses indispensables à leur travail.
Vous pouvez, je vous l’affirme compter sur nous, sur notre engagement citoyen au service des Oloronais, sans tapage et sans artifices. Comme l’ont proposé par téléphone et par mail dès le début du confinement, nos deux représentant-e-s au CCAS Raymond et Marie-Lyse. Sans suite donnée.


C’est donc avec attention aussi que nous vous écouterons, que nous vous questionnerons s’il le faut sur les trois sujets que vous avez inscrits à l’ordre du jour, et que nous serons le cas échéant force de proposition et d’action dans la phase aigue de la crise, dans la période incertaine qui suivra, puis dans le rebond que nous appelons de nos vœux.

Je vous remercie au nom du groupe d’opposition, mais aussi surtout au nom de nombre d’Oloronaises et d’Oloronais qui nous interrogent et qui s’interrogent, de la tenue de ce conseil et je remercie aussi celles et ceux qui dans vos services ont permis qu’il se tienne dans les conditions particulières du confinement.


Intervention d’Aurélie Giraudon


Application du protocole sanitaire pour la réouverture des écoles

Il ne s’agit pas de céder à la panique ou d’affoler nos concitoyens, il ne s’agit pas de s’opposer dans des tactiques politico-politiciennes ; il ne s’agit pas de dire non quand l’autre dit oui et inversement ; il ne s’agit pas de faire aveux de faiblesse et d’en avoir honte.


Il s’agit, cher-e-s collègues, de prendre la pleine mesure de notre rôle d’élu, à tous les niveaux, en conscience, avec les moyens à notre disposition et à notre connaissance aujourd’hui, en tenant compte d’un calendrier extrêmement réduit (une semaine et demi, je le rappelle), en étant totalement transparent, afin de pouvoir garantir, dans les contraintes posées par un virus qui circule, qui ne se voit pas, que nous découvrons et apprenons à connaître, que toutes les conditions de sécurité sanitaire seront en place au 12 mai.


« Cette garantie doit être apportée à notre personnel communal dont nous avons la responsabilité mais aussi au personnel de l’éducation nationale envers qui de fait, par nos décisions à venir, nous aurons aussi une forme de responsabilité, et enfin aux enfants de notre commune : enfants de nos concitoyens, nos enfants, vos petits-enfants pour certains d’entre vous. »

.
Je m’adresse aujourd’hui à vous, cher-e-s collègues, Monsieur le Maire, en ayant revêtu ma casquette d’élue au sein de ce conseil mais ma légitimité est d’autant plus importante que je dispose sur ce sujet des écoles de multiples casquettes qui me permettent me rendre compte de différents points de vue : je suis élue mais aussi maman de deux jeunes enfants de 6 et 7 ans, enfin je suis enseignante, certes du secondaire mais cela me permet tout de même de saisir les problématiques
liées au pédagogique, à la question du matériel et des locaux. Bref, je sais tout simplement ce que c’est que d’être devant une classe et des élèves.


« Je tiens à rappeler que nous parlons d’enfants. Il ne faut pas perdre de vue les dimensions psychologique et affective de cette situation, fortement perturbatrice pour tous, mais encore plus pour des enfants jeunes, qui ont besoin de repères et qui sont extrêmement sensibles aux moindres changements. « 

Or nous nous apprêtons à bouleverser leurs repères affectifs et scolaires.

La question autour de la réouverture des écoles est d’autant plus sérieuse et sujet à crainte que nous assistons depuis deux jours à des spéculations du monde médical (le centre Necker pour enfant à Paris a exprimé ses craintes mardi) après que de jeunes enfants (entre 2 et 10 ans) aient été admis en réanimation dans un état grave, avec des symptômes proche de la maladie de Kawazaki. Certes le nombre est faible (4 enfants sur Paris mercredi) et le lien avec le Covid-19 n’est pas avéré mais les faits nous montrent que le nombre de malades est inhabituel et que la plupart des enfants malades en France et au Royaume-Uni a été testée positive au Covid-19. La situation est suffisamment alarmante pour que le Ministre de la santé exprime son inquiétude.

Voici donc un sujet (la réouverture précipitée des écoles) sur lequel nous devrons montrer la plus grande prudence.
C’est donc à travers ma petite « expertise » et en toute humilité qu’au nom du groupe de l’opposition je vous poserai deux questions simples ce soir :


Est-ce que les conditions de sécurité sanitaire, telles que préconisé par le Protocole sanitaire du Ministère de l’Education Nationale, seront réunies pour réouvrir nos écoles le 12 mai ? Si oui, je vous demanderai d’apporter la plus grande précision dans votre réponse. Marie-Lyse Bistué interviendra pour clarifier vos propos avec des questions techniques précises.

Des solutions existent-elles afin de pouvoir « éclater » les classes en termes de locaux et de personnel et de respecter le seuil de 15 élèves par classe ? Si tant est que ces 15 élèves puissent être espacés d’un minimum d’un mètre ; car si certaines classes équivalent à des placards à balaie, la problématique sera alors plus grande.

Je vous remercie pour votre attention.


Intervention de Marie-Lyse Bistué

Réouverture de nos écoles :

Protéger et Prévoir, ce sont les mots d’introduction de Bernard Uthurry que je retiens pour préparer une rentrée hors normes.
Les informations jour après jour sont contredites avec tout autant d’assurance de la part de nos gouvernants.


Comment aujourd’hui la population peut-elle faire confiance aux décisions qui seront prises à quelques jours d’une rentrée si particulière, alors qu’une rentrée plus classique se prépare pendant des semaines voire des mois et alors que le cahier des charges pour celle-ci est lourd à mettre en place ?


« Si des loupés peuvent être compris en période dite normale, il est hors de question que le moindre risque, que le moindre doute s’immisce le 11 mai. Il est question de santé, celle de nos enfants et du personnel de l’éducation dans son ensemble et par rebond celle de leur famille. »


Aucun risque sanitaire ne doit inquiéter les parents, les enseignants, le personnel communal et leur famille. On apprend tous les jours sur ce virus, une chose est certaine, on connait ses facultés de propagation et les obligations des gestes barrières pour le stopper, d’où le protocole dont nous prenons connaissance aujourd’hui.


Pour rassurer, il faut faire ensemble. Je ne sais pas ce que vous conclurez, je ne sais pas si vous pourrez ou pas cocher toutes les cases du protocole mais il faudra de toute façon se préparer pour septembre.


« Nous vous demandons de réactiver la commission éducation telle qu’elle était constituée pour le comité de pilotage de la carte scolaire : parent, enseignant, personnel communal, élu et médecin pour que soit validé l’accueil des enfants dans les écoles. »

Nous savons que nous ne serons pas débarrassés du virus d’ici septembre. En tout cas soyez assuré que, comme nous l’avons proposé dès le début du confinement, nous sommes, les 8 membres de l’opposition, au service des Oloronais, pour les petits comme pour les plus grands, là où nous serons utiles.


Suppression de postes :

Je voudrai revenir sur la carte scolaire. En tant que conseillère départementale, avec mes collègues, nous avions demandé à ce qu’elle soit suspendue en cette période de crise.

« Hélas, non seulement nous perdons des postes à Oloron pour 3 écoles mais en plus les RASED (Réseau d’Aide Spécialisé aux Elèves en Difficulté) se voient sacrifiés alors que ce personnel sera indispensable à la sortie de cette période difficile et inédite, à Oloron comme ailleurs. Je regrette votre silence. »

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